LA ZONE D’INTERET

Jonathan Glazer

NOM ORIGINAL

THE ZONE OF INTEREST

DATE DE SORTIE

31/01/2024

DUREE

1h45

GENRE

GUERRE

NATIONALITE

BRITANNIQUE

Christian Friedel

RUDOLF HÖSS

Sandra Hüller

HEDWIG HÖSS

Ralph Herforth

OSWALD POHL

Daniel Holzberg

GERHARD MAURER

Sascha Maaz

ARTHUR LIEBEHENSCHEL

SYNOPSIS

Le commandant d’Auschwitz, Rudolf Höss, et sa femme Hedwig s’efforcent de construire une vie de rêve pour leur famille dans une maison avec jardin à côté du camp.

VOUS NE LE SAVIEZ PEUT-ÊTRE PAS ?

Bien que moins tristement célèbre que "la solution finale", l’expression "zone d’intérêt", utilisée par les nazis pour décrire le périmètre de 40 kilomètres carrés entourant le camp de concentration d’Auschwitz, témoigne du même sentiment d’obscurcissement précis et inquiétant. Il s'agit d'un euphémisme utilisé avec une intention létale. En 2014, le regretté Martin Amis avait usé de ces mots pour le titre de son roman, dont l’action se déroule à l’intérieur et autour du camp.

Dans son adaptation, Jonathan Glazer cartographie le terrain géographique et psychique de la zone et de ses habitants avec une précision glaçante : "Il s’agissait de créer une arène", confie le metteur en scène, dont le processus de production a impliqué des travaux de construction et un tournage sur place en Pologne. Mais aussi l’utilisation d’un réseau de caméras de surveillance pour capturer de multiples séquences mises en scène simultanément dans le même bâtiment.

La décision de tourner La Zone d’intérêt sur place a été une source de complications aussi bien logistiques que psychologiques. Jonathan Glazer se rappelle : "Vous savez, nous étions sur le sol d’Auschwitz. Ces acteurs allemands venaient incarner des personnages qui auraient pu être leurs grands-parents". Pour Sandra Hüller et Christian Friedel, la question de comment incarner l’humanité des Höss (ou leur absence d’humanité) a pesé sur leur interprétation.

La Critique de SevenArt

L'IMPRESSION D'ENSEMBLE

Marchandise, rendement, têtes par jour. Ici on est dans l'opérationnel, pas dans le sentiment. Nous sommes à Auschwitz sans être dans le camp. La zone d'intérêt est tout autour du camp où la vie suit son cours comme si l'horreur la plus infâme n'avait pas lieu juste là, de l'autre côté du mur. La famille du commandant en charge des exterminations vie normalement dans sa maison confortable et son grand jardin fleurit, tandis que l'on brûle les déportés. Si le rythme lent est parfois gênant l'ensemble reste glaçant par l'indifférence à l'endroit des juifs que l'on ne voit même pas une seconde dans le film.

LA NOTE : 7/10

L'HISTOIRE

Le film raconte une vie normale d'un commandant de l'armée allemande alors que ce dernier a un travail abominable et vit, sans réellement s'en soucier, au milieu des horreurs qu' il dirige. Hormis quelques cris et coups de feu de l'autre côté du grand mur parfaitement fleurit, on pourrait presque oublier ce qu' il s'y passe. Le scénario s'emploie à l'aborder que l'aspect technique, quotidien, habituel, futile, comme s'il s'agissait de n'importe quel travail dans n'importe quel endroit, ce qui est glaçant.

LA NOTE : 7/10

LE JEU

Les acteurs sont bons dans une grande sobriété. Mais un peu plus d'emballement aurait appréciable pour faire vivre un peu mieux ce film qui reste sur la retenue et la sobriété froide et martiale. Seuls les enfants semble vraiment vivre sans se rendre compte de ce qu'il se passe.

LA NOTE : 6/10

LE RYTHME & LA MUSIQUE

Le film dure 1h45. Le rythme est très lent, trop, même pour cette histoire, même pour l'effet recherché. L'ennui n'est jamais loin car on se trouve dans le quotidien le plus simple d'une famille et même le spectateur en vient à oublier que ce n'est pas une simple famille.

LA NOTE : 6/10

La musique est signée Micachu. Peu de musique mais des sons et des bruits qui viennent casser la routine, le quotidien silencieux d'une maison parfaitement tenue et de ses occupants peu bavards et expansifs. Ce sont ces bruits, ces cris, qui rappellent qu'on est à Auschwitz. Cela tranche également avec les cris et les rires des enfants qui jouent dans l'insouciance la plus totale.

LA NOTE : 6/10

LES DECORS & LES EFFETS SPECIAUX

Les décors sont très bons. Cette belle et grande maison bordée par un jardin magnifique et plongée par une rivière fait office de paradis en enfer. Cet totalement improbable de pouvoir avoir ce cocon quasi parfait dans ce lieu. Seuls les toits des bâtiments du camp qui surplombent un mur pourtant masqué par les massifs de fleurs, nous rappelle que l'on est bien en enfer.

LA NOTE : 8/10

Pas d'effets spéciaux.

LA NOTE : N/A

La Note de SevenArt

6.7 / 10