C’EST LE MONDE A L’ENVERS
Nicolas Vanier
NOM ORIGINAL
C’EST LE MONDE A L’ENVERS
DATE DE SORTIE
16/10/2024
DUREE
1h54
GENRE
COMEDIE DRAMATIQUE
NATIONALITE
FRANCAISE
Michaël Youn
STANISLAS
Barbara Schulz
SOPHIE
Eric Elmosnino
PATRICK
Valérie Bonneton
CONSTANCE
François Berléand
LE PERE DE PATRICK
SYNOPSIS
C’est la crise, tout s’arrête : plus d’eau, plus d’électricité, plus de réseau… Stanislas, homme d’affaire parisien, perd tout y compris sa fortune. Lui qui déteste la campagne est contraint de partir se réfugier avec sa femme et son fils dans une des exploitations agricoles qu’il avait acquise dans un but spéculatif. Mais à son arrivée, il se retrouve face à Patrick et sa famille, agriculteurs exploitants des lieux, qui n’ont pas l’intention de quitter la ferme… Dans cette atmosphère chaotique où tout est inversé, nos deux familles que tout oppose parviendront-elles à cohabiter pour survivre et peut-être reconstruire ensemble un nouveau monde ?
VOUS NE LE SAVIEZ PEUT-ÊTRE PAS ?
Dans le film, Nicolas Vanier fait allusion au philosophe Pierre Rabhi, qui n’a jamais cessé de dénoncer l’absurdité de notre système. Il a notamment dit : "C’est dans les utopies d’aujourd’hui que sont les solutions de demain". Le réalisateur précise : "Pierre Rabhi était une personne rare et inspirante. Il a mis en application et prouvé sur le terrain ce qu’il avançait. Certes, son discours était parfois un peu utopique et il en avait conscience. Mais il prônait la sobriété heureuse." "Je préfère cette idée au pessimisme ambiant, celui des discours politiques et des plateaux de télévision, friands d’injonctions : interdiction, punition, restriction. Si l’on dresse la liste des utopies qui se sont réalisées, l’optimisme renaît. Par exemple, les hommes ont réussi à solutionner le problème de la couche d’ozone. Il faut continuer d’y croire."
C'est le monde à l'envers ! n'est pas vraiment une adaptation du roman du même nom de Nicolas Vanier et Jérôme Tonnerre. Il s'agit de deux travaux parallèles à partir de la même histoire. Le metteur en scène confie : "J’ai écrit le roman avec la volonté concomitante d’en faire un film. L’idée nous est venue, à Jérôme et moi, lors d’une précédente collaboration. Il m’a fait cette remarque : « Mais moi, à Paris, qu’est-ce que je deviens s’il arrive une catastrophe ? »."
C'est le monde à l'envers ! a été tourné dans le Morvan, en Bourgogne-Franche-Comté. Nicolas Vanier justifie ce choix : "Un de mes meilleurs amis habitait autrefois Château-Chinon. Ensemble, nous avions pêché dans les rivières, chassé le sanglier, cueilli des champignons. J’en gardais un souvenir merveilleux. Je cherchais un lieu de tournage quand je m’en suis rappelé. J’y suis retourné et je n’ai pas été déçu." "J’ai retrouvé les ondulations du plateau, les vallées bocagères avec leurs haies intactes, les forêts de chênes et de pins, les étangs, les douces lumières matinales. Les paysages sont d’une beauté hallucinante, et encore très sauvages. C’est un lieu enchanteur, figé dans le temps."
C'est le monde à l'envers ! est une "éco-production". C’est même le premier film tourné en décors naturels sans recours direct ou presque aux énergies fossiles : "Nous avons mis en place des actions engagées et responsables avec le soutien de la société Flying Secoya. Lors de la préparation, nous avons étudié chaque poste afin de diminuer au maximum l’empreinte écologique, avec en tête ce concept de sobriété heureuse. Parce que contrairement aux idées reçues, l’écologie n’est pas une punition. Au contraire."
Avec C'est le monde à l'envers !, Yannick Noah trouve son premier rôle d’envergure dans un film. Nicolas Vanier se souvient : "C’est un cadeau que je dois à mon producteur, Yves Darondeau. Nous étions d’accord qu’il nous fallait, plus qu’un acteur, quelqu’un qui incarne ce rôle. Yves a pensé à Yannick et celui-ci a accepté, parce que touché par le message du film. Il a voulu faire des essais avant de s’engager. C’est un homme d’une simplicité et d’une gentillesse incroyables, un homme qui donne." "Sur le tournage, lors des temps morts, il aidait la régie en servant de chauffeur. Je l’ai vu passer une heure à donner des conseils à un jeune habitant de Vézelay qui envisageait une carrière sportive."
La Critique de SevenArt
L'IMPRESSION D'ENSEMBLE
Si le film débute un peu comme un film catastrophe, Nicolas Vanier ne donne pas d’explication sur les origines de cette crise brutale (même si on en a bien une petite idée). Il se concentre sur les conséquences, et met clairement le personnage principal dans sa merde. Et si les riches habitués à avoir tout, tout de suite et tout le temps, n’avait plus rien et devait donc faire, avec rien, comme les plus pauvres. L’idée est alléchante et le résultat relativement convainquant. Même si c’est parfois tiré par les cheveux, on y croit assez et on ne peut que saluer l’idée de nous rappeler que toutes nos richesses sont finalement assez fragiles en ces temps incertains.
LA NOTE : 6/10
L'HISTOIRE
Une histoire assez classique, mais assez bien mise en scène avec des personnages volontairement caricaturaux. Entre un trader vénal, déconnecté et un agriculteur ruiné, bourru on a une série de personnages réussis pour servir une histoire de survie. Le scénario rebat les cartes de ce qui nous est réellement indispensable pour vivre et nous pousse à nous éloigner des incommensurables futilités qui remplissent nos vies modernes.
LA NOTE : 7/10
LE JEU
Un casting qui balaye large et qui donne là encore de la richesse au film. On part avec un Michaël Youn, ex humoriste télé qui monte dans le paysage du cinéma français, et on passe par des valeurs sures comme Barbara Schulz, François Berléand ou Eric Elmosnino et on termine par un Yannick Noah, pour sa véritable première sur grand écran. Cela donne de l’épaisseur aux personnages, entre Youn qui vient du numérique, parfait pour le rôle de Stan, et Noah dont l’engagement pour la planète n’est plus à démontrer.
LA NOTE : 6/10
LE RYTHME & LA MUSIQUE
Le film dure 1h54. Une bonne durée pour permettre la transition de nos protagonistes. Alors c’est un peu rapide, et le changement de comportement de Stan apparait un peu brutal pour être crédible, mais on a vu bien pire. On quitte donc progressivement la torpeur de la ville, pour le calme de la campagne. Quand tout va mal, un retour aux sources semble être la seule option.
LA NOTE : 7/10
La musique est signée Matteo Locasciulli. Les musiques sont forcément assez dramatiques, surtout au début. Les violons appuient la panique qui se propage dès que les ressources commencent à manquer : internet, l’eau, l’électricité, l’essence… Et petit à petit, on reconstruit une vie plus naturelle et les musiques sont plus légères, tintées d’espoir. La BO se termine par un titre chanté par Yannick Noah « Ensemble Demain » pour terminer le film sur une note d’espoir.
LA NOTE : 6/10
LES DECORS & LES EFFETS SPECIAUX
La ville, sa chaleur, son bruit, sa densité, sa violence. C’est le point de départ comme pour montrer : Voilà ce qu’on a fait de la planète, des endroits qui semblent hostiles quand on les regarde réellement. Et puis une ferme perdue au milieu de nulle part avec sa verdure à perte de vue, sa forêt, ses champs, comme pour recommencer à zéro quand on se rend compte que tout est parti de travers.
LA NOTE : 7/10
Pas d'effets spéciaux.
LA NOTE : N/A
