LE DOSSIER MALDOROR

Fabrice Du Welz

NOM ORIGINAL

MALDOROR

DATE DE SORTIE

15/01/2025

DUREE

2h35

GENRE

THRILLER

NATIONALITE

BELGE

Anthony Bajon

PAUL CHARTIER

Alba Gaïa Bellugi

JEANNE FERRARA

Alexis Menanti

LUIS CATANO

Sergi Lopez

MARCEL DEDIEU

Laurent Lucas

CHARLES HINKEL

SYNOPSIS

Belgique, 1995. La disparition inquiétante de deux jeunes filles bouleverse la population et déclenche une frénésie médiatique sans précédent. Paul Chartier, jeune gendarme idéaliste, rejoint l'opération secrète « Maldoror » dédiée à la surveillance d'un suspect récidiviste. Confronté aux dysfonctionnements du système policier, il se lance seul dans une chasse à l’homme qui le fera sombrer dans l’obsession.

VOUS NE LE SAVIEZ PEUT-ÊTRE PAS ?

Fabrice Du Welz avait vingt ans lorsque l'affaire Dutroux a éclaté : "je pensais naïvement que le monde des adultes était un lieu rassurant et bien organisé. Et comme beaucoup de gens de ma génération, je me suis fracassé sur une histoire dantesque, avec de la rétention d'informations, de l'absurde, du ridicule, de la médiocrité, de la négligence."

Il a toujours eu en tête l'idée de porter cette histoire à l'écran mais avait conscience que cela était délicat : "Et quand j'ai commencé à évoquer l'idée d'un film « inspiré » de l'affaire Dutroux, je me suis retrouvé face à un bloc d'hostilité. Il fallait que je trouve le bon axe, le bon regard, la bonne distance, sans jamais heurter les victimes."

Le Dossier Maldoror est une référence aux Chants de Maldoror de Lautréamont qui, en 1869, comme l'explique le réalisateur, "explorait le mal à son époque. Comme lui, j'ai voulu sonder l'essence du mal, l'impunité avec laquelle il se propage, et ses conséquences, mais à une époque que je connais mieux : la mienne."

La Critique de SevenArt

L'IMPRESSION D'ENSEMBLE

Quand l’horreur rencontre la folie. Voilà qui résume ce très bon film, sorte de thriller social, qui reprend les éléments de l’affaire Dutroux, en créant un personnage fort, celui d’un jeune gendarme qui sombre dans la folie au contact des protagonistes de l’affaire. La réalisation ne nous épargne rien, pour faire de cette histoire un film puissant, sombre, terrible, porté par des acteurs excellents. Le réalisateur nous ballade entre la cruauté de l’affaire, la beauté d’un mariage et d’une naissance, et la folie qui gagne le protagoniste.

LA NOTE : 7/10

L'HISTOIRE

Quentin Tarantino a-t-il créé un genre, celui du fait divers revisité, pour nous permettre de connaitre ou revivre une histoire, faire justice là où il n’y en a pas forcément eu et peut-être aussi remuer le couteau dans la plaie. En tout cas, ce n’est pas le meurtre de Sharon Tate, mais l’histoire de celui qui a fait trembler la Belgique qui est ici mise en avant, pour rappeler les manquements, les ratés, l’incompétence qui ont nourrit cette affaire. Le scénario est puissant, complet, social autant que psychologique, violent autant que sensible.

LA NOTE : 8/10

LE JEU

Anthony Bajon avait déjà démontré un immense talent dans des seconds rôles, il est ici propulsé au premier rang dans un film prometteur (à défaut d’être majeur). Le jeune acteur de 31 ans est la future grande star du cinéma français et il est tout bonnement exceptionnel ici, en jeune gendarme obsédé par l’affaire. A ses côtés il peut compter sur Alexis Menanti, second rôle solide et sur les pointures, Laurent Lucas, Mélanie Doutey ou Sergi Lopez.

LA NOTE : 8/10

LE RYTHME & LA MUSIQUE

Le film dure 2h35. Ce qui permet d’aborder tous les ressorts de l’affaire d’une part, et en parallèle créer un personnage, une vie, une intensité. En créant Paul Chartier, on créé une opposition au Dutroux fictionnel. La qualité du scénario, la tension omniprésente et la grande qualité des acteurs permet de tenir dans le temps sans aucune longeuur, bien au contraire.

LA NOTE : 8/10

La musique est signée Vincent Cahay. Les sonorités lancinantes, répétitives, froides, du début du film rappellent des thèmes comme celui de « The Things » qui tranchent avec des scènes de joies comme le mariage de Paul et Jeanne. Comme pour dire, la vie continue, la joie perdure malgré le danger qui rode partout et tout le temps. Et plus largement, l’esprit western ressurgit de temps en temps, notamment avec les sifflements, très inspiré de Morricone. Et les morceaux italiens permettent de boucler la boucle.

LA NOTE : 7/10

LES DECORS & LES EFFETS SPECIAUX

Charleroi est l’épicentre de ce tristement célèbre fait divers. Mais pas le joli centre-ville. Le Charleroi périphérique, industriel, pauvre, crasse. Avec cette histoire on tombe dans les bas fonds de la ville, dans un garage miteux, dans une habitation insalubre, dans une cave aménagée. Les décors font leur job, appuyer sur la misère et l’aspect pitoyable de cette histoire.

LA NOTE : 7/10

Pas d'effets spéciaux.

LA NOTE : N/A

La Note de SevenArt

7.5 / 10